[PLU Patrimonial] 1ère demi-journée : Quels patrimoines dans les PLU ?

Cet article est un résumé des interventions de la première journée de colloque. Les transcriptions détaillées et le film des interventions seront bientôt disponibles sur le blog PLUPAT.


Vincent Veschambre commence par affirmer un principe : le PLU doit prendre en compte les patrimoines. Les PLU seraient ainsi les miroirs déformants de conceptions patrimoniales.

Déformants car la prise en compte des patrimoines dépend d’abord de la connaissance du territoire, que la recherche a révélée comme très inégale. Des miroirs déformants également, lorsque les inventaires utilisés ont été objectivés par la démarche d’urbanisme. Déformants, enfin, du fait des contextes et des enjeux priorisés par la collectivité dans la démarche de planification.

Vincent Veschambre révèle ensuite la présence d’un acteur indissociable aujourd’hui de la démarche de planification et de plus en plus présent dans l’inventaire et la sélection des patrimoines : l’habitant.


Romeo Carabelli, ensuite, propose une approche générale pour définir les processus de recensement et de sélection – dont traiteront les deux présentations à venir.

Il présente d’abord l’identification comme une juxtaposition d’éléments patrimoniaux et poursuit en opérant un filtrage via le processus de sélection, les éléments patrimoniaux formant alors une collection ou un sous-ensemble.

Romeo Carabelli convient également d’une absence d’une unicité de processus et observe de multiples types de processus de recensement, de sélection et de conjonction des deux. La montée en généralités n’en a été que plus complexe. Toutefois une tentative de modélisation et une recherche de tendances ont été opérées.


Mathieu Gigot vient ensuite exposer les différentes méthodologies de recensement et de sélection appliqués par les territoires étudiés.

Il distingue deux cas de figure. Le premier est un recensement hors toute démarche de planification territoriale. Les résultats de ces recensements peuvent être réutilisés dans une démarche de planification mais ils n’ont pas vocation à l’être. Le second cas de figure concerne le recensement mené dans le cadre d’une démarche de plan local d’urbanisme.

Mathieu Gigot construit ensuite son propos sur la sélection des patrimoines à partir des modes de représentation choisis. Le rapport de présentation peut être silencieux et seul le document graphique est le reflet d’une sélection. La présence de fiches de recensement regroupées dans une annexe patrimoine est une autre possibilité. La présence de listes, enfin, est également repérée. Sont également représentés et sélectionnés des périmètres.

Pour finaliser sa présentation, Mathieu Gigot rappelle trois contextes distincts de sélection.


Julie Marchand conclut cette première table ronde en tentant une modélisation des trajectoires et des tendances de production du PLU patrimonial.


En proposant l’analyse d’un tableau à double entrée, elle croise les enjeux du territoire et les acteurs à la manœuvre, traduisant pour chaque cas étudié, l’axe majeur s’il en est un. Elle distingue plusieurs contextes, les enjeux endogènes et les enjeux exogènes. Elle extrait de ces enjeux exogènes les enjeux spécifiques, définis comme objectifs de la recherche, à savoir la préexistence d'autres outils de protection patrimoniale. Elle confronte ces enjeux aux acteurs de la démarche patrimoniale : les élus, les habitants et les techniciens.


La prise en compte du patrimoine dans le PLU peut ainsi être le fruit d'un programme politique lié à l'identité territoriale, et à la personnalité de l'élu. Lorsque l'élu est l’initiateur de la sélection, il s’appuie quasi systématiquement sur un recensement régional ou local préexistant, puis a recours à l'agence d'urbanisme comme "faisant". Julie Marchand relève également une acculturation entre deux disciplines, la culture et l'urbanisme, chez les techniciens. Lorsque le PLU est le fruit d'une initiative citoyenne, s'ensuivent alors un inventaire réalisé par la collectivité, puis une hiérarchisation de la sélection.


Julie Marchand constate finalement une fonction du PLU selon l’acteur qui en est à l’initiative. Le PLU peut être vu comme alternatif ou concurrent, comme complémentaire ou comme précurseur.


Une méthodologie sensiblement similaire à celle des Sites patrimoniaux remarquables a été mise en évidence, lorsque la prise en compte des enjeux endogènes du territoire est l’axe majeur.


Julie Marchand termine ce propos en rappelant une posture distincte de l’élu en amont – initiateur, au cours du processus – arbitre – ou bien en aval – représentant du peuple.


En conclusion de cette session, Julie Marchand se fait l’écho d’une problématique transversale : existe-t-il un dialogue entre les pièces du PLU ? La connaissance produite trouve-t-elle une correspondance réglementaire ?

Elle revient également sur le projet urbain comme transcendance du PLU Patrimonial et sur le positionnement d’un curseur entre conservation des patrimoines et mutation du territoire.

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